Pour consommer autrement, il est indispensable de favoriser la pratique d’activités dégagées de tout enjeu pécuniaire comme se promener, aller à la plage, se baigner, pêcher, faire du vélo, jardiner, organiser un jeu de plein air… Autant d’activités de détente qui à la campagne ou en bord de mer sont à la portée de tous mais qui en milieu urbain sont encore trop limitées, difficiles d’accès et bien souvent payantes, excepté dans les terrains de jeux ou les parcs pris d’assaut au premier rayon de soleil. Surfant sur les préoccupations de santé, bien-être, quelques initiatives voient le jour à l’image de Paris plage. Aujourd’hui, 80% de la population française vit en zone urbaine. La plupart des villes bordent des cours d’eau et disposent de friches industrielles, d’espaces inoccupés. Il faudrait les utiliser pour permettre aux habitants, quel qu’ils soient, d’avoir toute l’année des loisirs gratuits, faciles d’accès, variés, les rapprochant de la nature. Ces lieux peuvent être aussi de petits terrains improbables équipés de quelques infrastructures, des jardins cultivés, un ponton de pêche… Ceux qui connaissent ces espaces remarquent leur mixité sociale et apprécient l’esprit qui les anime : un air de convivialité, de tranquillité, parfois de partage. Parce que le lieu rassemble : « on est entre personnes qui apprécient le lieu ».
Depuis plusieurs années,
les politiques urbaines vont dans ce sens, organisant des espaces
ouverts, aux possibilités d’appropriation multiples. Ainsi en est-il des
parcs urbains, des berges du Rhône à Lyon et, prochainement, celles de
la Saône. Mais quel est le discours d’accompagnement de ces nouveaux
espaces ? Certes ils sont mis en avant sur le thème du bien-être et
d’une nouvelle urbanité en ville, mais ils sont peu, si ce n’est jamais,
présentés comme des espaces ouverts à une consommation alternative où
ce qui se consomme ne s’achète pas nécessairement mais se partage et
relève du bien commun. Tout en la matière est à inventer. L’occasion
d’une petite révolution urbaine mettant en avant des valeurs qui
échappent au marché. Que ce soit la diversité des activités, la nature
des terrains… Mais surtout, le mot d’ordre de ce renouveau urbain doit
être la liberté de se détendre, de s’occuper en ville sans dépenser !
Créer une alternative à la consommation, au marché du loisir tout en
diversifiant et en multipliant les possibilités. Ce serait moins de
désœuvrement pour les jeunes. Ce serait une action politique assez
simple à réaliser en faveur de l’équité et du bien être, en faveur d’une
société moins carbonée, contribuant à moins de surconsommation. En
redonnant accès au loisir gratuit, en lui donnant un sens clair et
fédérateur cette politique contribuerait à l’émergence d’un mode de vie
urbain plus durable. Elle permettrait de recréer un peu d’équilibre
entre argent et bonheur dans l’échelle des valeurs. C’est tout le sens
qu’il faut donner aux politiques d’aménagement et de loisir, aux petites
actions de quartier : construire l’urbanité sur nos biens communs !
Pour
cela, deux axes de travail semblent essentiels. Construire ces projets
avec la population pour être certain de leur utilité et en favoriser
l’appropriation. Mais aussi pour faciliter l’éclosion d’initiatives
individuelles qui ne demandent qu’à s’exprimer. Le deuxième axe consiste
à faire évoluer la représentation de la ville vers ce nouveau bien
commun. Une vision alternative qui appelle une nouvelle manière de vivre
la ville et qu’il faut accompagner au niveau du sens et de la pratique.
Il est évident que ces deux axes sont intimement liés.
Benjamin Gay
Le 23 Février 2011 à St Etienne
Conférence "Les enjeux climatiques et énergétiques : outils et opportunités pour les entreprises"
Quelles valeurs privilégient les entreprises dans le monde ?
Une nouvelle étude pleine de surprises...
9 octobre 2009
Selon une récente étude réalisée par Opinion way, la notoriété du développement durable a

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